De l’Etoile – GPS à la Parole de Dieu – guide

Homélie pour l’Epiphanie

a3 cara B reyes magos

Evangile : Mt 1, 1-12 (http://www.aelf.org/bible/Mt/2)

Quel est le statut de cette étoile dans cet événement de la vie de Jésus ?

Une étoile, c’est un astre dans le ciel, qui se voit la nuit, qui ne donne pas la lumière mais la reflète à des distances pharamineuses, et qui au coeur de la nuit nous donne l’espérance que la lumière est toujours là…

Autant une étoile nous fait facilement rêver, nous met dans le registre du merveilleux, et l’histoire des mages est bien de ce registre, autant celle qui nous intéresse aujourd’hui est étonnante !

C’est dans son observation que des mages perçoivent le signe de la naissance d’un personnage important, un roi. Leur foi, leur religion leur fait lire dans le ciel des signes pour la vie sur la terre. Autant cette « science » est mal vue des croyants, notamment des juifs, (en effet, comment regarder au loin pour donner sens à la vie des hommes, quand ce sont nos actes qui définissent notre humanité ?), autant cet épisode parait entrer tout naturellement dans la vie de Jésus comme un fait merveilleux !

Ce moment va être magique, alors que la magie est mauvaise, bannie de la foi au Dieu d’ Israël !

Pourtant, l’étoile ne guide en aucun cas ces mages vers Jésus, puisqu’ils s’arrêtent à Jérusalem pour demander où il faut qu’ils aillent. Ils doivent être des personnages un peu important pour que le roi lui-même les reçoive !

Et où se trouve la réponse cherchée par les spécialistes ? Dans la Bible !

L’Ecriture est le véritable GPS (Guidé par le Seigneur, dit mon frère d’ordination Xavier), celle qui guide toute vie ! C’est là qu’on trouvera la mention de Bethléem, où va naître le roi !

Les mages suivent donc à nouveau le chemin et l’étoile apparait de nouveau ! Elle leur donne de la joie, car leur chemin va aboutir ! Elle n’est plus guide mais lumière qui donne l’espérance, la confiance, l’espérance que l’on est sur le bon chemin !

Et voici que cette fois-ci l’étoile, éclairée par l’Ecriture, montre le chemin ! Et les mages peuvent enfin adorer l’enfant nouveau-né, lui offrir leurs présents.

Des étrangers viennent de loin (de l’orient) et trouvent Jésus avec l’aide des habitants de Jérusalem et de la Parole de Dieu, de la Bible. Les juifs, eux, ne sont pas capables de trouver Jésus et ne savent pas où le chercher : quel paradoxe !

Une foi ou une tradition fausse (la magie) peut conduire, éclairée par Dieu et la Parole, à trouver le chemin du Seigneur, alors que la vie au sein du Peuple élu par Dieu et un obscurcissement du discernement peuvent faire rater la découverte de Dieu parmi les hommes (Emmanuel).

Une étoile symbolique qui indique un chemin que le coeur cherche : les mages cherchent un roi, et ils le trouvent; les juifs ne cherchent rien, et ils deviendront les massacreurs d’enfant par peur de Celui qui pourrait venir les perturber.

Père Daniel RIGAUD

Le prix a payer

Quelquefois en roulant en voiture je remarque des animaux écrasés sur le bord de la route. Cela me révulse, mais il y a tant de voitures, de routes, de transport, il faut tellement de moyens pour aller d’un endroit à l’autre… Les animaux qui vivent au bord des routes ne peuvent pas tous échapper aux nombreux véhicules qui passent…

Alors, même si cela m’attriste, je reconnais que c’est le prix à payer pour notre civilisation évoluée : qu’à cause de cette nécessité de voyager, j’accepte, nous acceptons la mort d’un certain nombre d’animaux.

Je me dois aussi de faire le parallèle avec les enfants, puisque c’est la réalité actuelle. Le progrès de notre société est au prix de la mort d’environ 600 enfant par jour, en France.

C’est un choix de société qui a été fait pour des raisons sanitaires, médicales, apparemment bonnes : on a décidé de dépénaliser l’avortement.

Cette mesure est devenue, avec le temps qui passe et le progrès des lois qui l’accompagne, un mal apparemment normal qui est le signe de notre société actuelle.  On veut dépénaliser l’avortement, on l’annonce comme un progrès pour la femme, une manière de gérer sa vie, son corps, son émotion, ses relations… On communique dessus, on améliore les diagnostics pour déceler un problème chez l’enfant le plus tôt possible et on forme les médecins pour qu’ils puissent alerter les parents et leur ouvrir la possibilité d’ôter la vie si elle n’est pas aussi parfaite que prévu…

Alors, sur la route de la vie, de notre société, voici que nous pouvons contempler ces 600 enfants morts chaque jour. C’est un prix nécessaire, logique, normal, bon pour que nous puissions exister, pour que je puisse vivre.

A partir de combien ce chiffre, ce nombre d’enfant avortés devient-il insupportable ?

Pour moi, un enfant mort par avortement, c’est déjà trop. Je ne peux plus considérer mon pays, ma société évoluée comme un modèle quand je sais qu’elle se construit sur cette montagne de morts, qui plus est ceux qui sont les plus faibles, ceux que la loi devrait avant tout protéger : les enfants, les enfants à naître.

Alors c’est vrai, je me tais de plus en plus, ne trouvant plus de mots pour me battre et me révolter encore, car je suis horrifié chaque jour que Dieu fait par ce qui se passe chez moi, dans mon pays.

Notre civilisation est construite sur ces choix qui montrent à tous que nous préférons la mort à la vie, l’élimination à l’adoption, la disparition du faible plutôt que la responsabilité de l’adulte, des adultes, de la société.

Je ne sais pas combien de temps je pourrai supporter ce choix qui m’est imposé et que je supporte comme un péché social, comme un fardeau. Je prie pour ces enfants, pour qu’ils m’accueillent quand je rejoindrai le Royaume de Dieu, et qu’ils accueillent leur parents avec la miséricorde de Dieu dans le regard, dans le sourire, dans les bras qu’ils leur tendront en disant : « Papa, Maman, bienvenue, je t’aime ! »

ninos-bebes-01-z

Daniel RIGAUD

Vous n’aurez pas ma foi

Le 14 juillet, jour de la fête nationale à Nice, aujourd’hui en la fête d’Anne et Joachim (parents de la Vierge Marie) près de Rouen, ailleurs en Allemagne, en Turquie…

Des personnes qui se disent musulmanes en tuent d’autres, au milieu de la foule ou dans une église.

Face à la tâche humaine qui consiste à éduquer, à aider à grandir jour après jour, à corriger quand c’est nécessaire, à encourager souvent, voici que des êtres humains décident de donner la mort à d’autres, sciemment, sous couvert d’une soi-disant foi et d’un dieu (pas de majuscule à celui-là) qui leur demanderait cela.

Ce sont quelques personnes qui essaient d’horrifier leurs semblables, le monde.

Pour quoi ? Pour rien. Contre un système, un monde occidental dont pour ma part je condamne certaines valeurs bien éloignées de l’Evangile. Je le fais en parlant, en dialoguant, en rencontrant, à visage découvert, en construisant le monde petit à petit, pas après pas, en respectant la liberté de chacun, même quand des idées me choquent.

Alors vous n’aurez pas ma foi, jamais, vous qui croyez que tuer des innocents va vous amener des adeptes ou un revirement de conscience.

J’espère au contraire que la conscience de mes compatriotes se réveillera et qu’ils choisiront de donner à leurs enfant une éducation républicaine mais aussi religieuse, pour qu’ils ne tombent pas dans vos travers et sachent posément démonter vos pauvres arguments.

J’espère que les chrétiens seront solidaires et répondront sans haine mais fermement à toute attaque.

J’espère que les musulmans, dont certain sont pour moi des amis, s’uniront chaque fois un peu plus pour condamner ces gestes qu’ils exècrent eux aussi. J’attends que leurs autorités religieuses fassent front chaque fois un peu plus.

Vous n’avez ni courage, ni grandeur d’âme : vous n’aurez donc ni mon regard ni ma foi, déjà toute entière donnée au Dieu de Jésus Christ.

« Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt entière qui pousse »

Père Daniel RIGAUD, curé de Graulhet-Briatexte

IMG_4159

Retraite

IMG_5190

Une semaine auprès de Bernadette, avec des assistants de l’Arche : que demander de mieux comme parenthèse dans la vie paroissiale ?

J’ai donc découvert à la fois 2 témoins de l’Arche, Geneviève et Eric, leur parole et leur amour de l’Arche, 25 personnes fabuleuses qui donnent de leur temps et de leur vie pour ce projet fou de l’Arche,

IMG_5275

J’ai encore une fois découvert Bernadette, dans ce lieu où elle a vécu les dernières années de sa vie de religieuse et où son corps est conservé intact.

Une femme merveilleuse qui ne cesse de m’étonner par sa justesse, sa sainteté toute concrète : « je ne suis bonne à rien », « s’il y en avait eu une de plus pauvre, c’est elle que Marie aurait visitée » et tant d’autres parole… dont surtout celle-ci : « j’aurai toujours assez de santé, jamais assez d’amour »

retraite Nevers Avril 2016

Merci à tous, et bonne suite !

Le rapport à l’image

 

400_F_7209888_HqyJ7wZo98mSSKqjFBZdLef3G1IRHGoO

Suite à mon voyage à Rome et en pensant à nombre de célébration que je préside, il m’est venu cette réflexion, que je te livre :

 Pendant les voyages touristiques ou pendant une messe, baptême ou autre événement familial et public, il y a aujourd’hui, grâce au progrès technique, une foule de personnes prêtes à prendre des photos. Je me sens concernė car je fais quelquefois partie de ces gens-la !

 À qui n’est-il pas arrivė, lors d’un de ces moments, de se sentir confus parce que quelqu’un derrière nous dit que l’on n’est pas transparent !

Il est étonnant de découvrir que quand on regarde un cadre pour mémoriser un événement (appareil photo, téléphone portable…), tout le reste disparaît et on ne se rend plus compte de sa propre existence, notamment corporelle (tu n’es pas transparent !).

 Il m’est ainsi arrivė qu’un papa de fiancée passe de l’autre côté de l’autel au cours du mariage, sans aucune idée de ce qu’il faisait ni du fait que tout le monde le voyait à lui, qui ne voyait que son enfant chérie !

À Rome, j’ai été témoin de cela jusqu’à l’écœurement : des personnes entrent dans une basilique, un lieu témoin de l’histoire humaine, appareil photo à la main, et en ressortent sans avoir sorti leurs yeux du cadre ! Tout en ayant bousculé tout le monde !

 Ma réflexion sur ce sujet se veut constructive :

Quel est mon rapport à l’image, qu’est ce qu’il est important de retenir d’un lieu, d’une fête ou d’une célébration ? Comment faire pour à la fois en profiter et en garder un vrai souvenir ?

Je me souviens du sketch de ce comique quand le papa filmait la naissance de son fils en direct, la mère disant : « tu n’auras pas un enfant, tu auras une cassette vidéo ! »

Grâce au progrès technique, nous sommes passés de quelques photos familiales très codifiées ( costume, pose prévisible, sérieux ou sourire forcė) à une démultiplication des photos si bien que les jeunes générations sont totalement décomplexées vis à vis de l’image et s’en servent sans toujours se rendre compte de la signification que d’autres peuvent lui donner… (Dès la naissance, on a des milliers de photos de bébé dans toutes les poses possibles).

 Quand on visite un monument, li y a beaucoup de chances pour que ce que l’on va prendre en photo l’ait déjà été par des professionnels, dans de meilleures conditions d’éclairage, de cadrage et avec du meilleur matériel ! « Ce qui m’intéresse, me disait un des pèlerins de Rome, c’est que c’est moi qui ai pris la photo de cet endroit-la. » Ainsi donc la photo n’est donc pas importante dans ce qu’elle montre mais dans le fait que c’est moi qui l’ai prise, et qui vais me souvenir que j’ai été là, à tel jour et telle heure. La qualité passe donc au second plan au profit de l’auteur. J’ai donc vu des personnes entrer dans une pièce et mettre leur appareil en fonction mitraillage tout en le baladant tout autour d’eux : sur des centaines de photos, il y en aura bien une de bonne…

Beaucoup de gens, quand ils vient à un baptême par exemple, se sont donnés par avance ce rôle de photographe ( sans y avoir été toujours invités) et sont tout étonnés si on leur dit que les photos auront lieu seulement à la fin : ils ne se sont pas préparés à vivre un événement, seulement à prendre des photos !

L’autre versant de ce thème est l’utilisation des photos : j’ai là aussi le souvenir d’interminables séances de visionnage avec quelqu’un qui, tout fier de son voyage/ participation à un événement, montrait tout sans avoir fait aucun tri : il y aurait un sketch à faire là-dessus ! (200 photos à supporter !)

belle-femme-crant-un-cadre-avec-des-doigts-41449291

 Le plus simple pour résoudre cela me paraît la réflexion avant de participer à un élément :

« Quel souvenir j’aimerais garder de ce moment ?  Quel moment je ne veux absolument pas rater ? Qu’est-ce qui est le plus important aujourd’hui pour moi, pour eux ?

A qui et à qui cela va t-il servir? A qui vais-je montrer/offrir mes photos ? Avec qui je serai heureux de les partager ? »

 J’ai ouvert un dialogue, à toi d’apporter ta pierre !

D.R.

Le régime du bonheur

Mercredi des Cendres – Homélie

P2180067

40 jours pour transformer notre cœur, pour devenir des « ambassadeurs du Christ », comme le dit saint Paul dans la 2° lecture de ce jour

Creusons ensemble les vrais désirs de nos cœurs, de nos vies :

  • Qu’est ce que je veux au plus profond de moi ?
  • Comment trouver le vrai bonheur à partir de ce qu’est ma vie ?
  • Comment avancer sans me laisser bercer d’illusions, de rêves inutiles ?

Recevoir les Cendres, c’est se reconnaître incapable de réussir sa vie sans Dieu. Accepter que sans l’aide du créateur ma vie n’est que poussière, qu’elle va vers sa ruine et que toute tentative de faire le bien est un échec. Nous allons les recevoir sur notre front, avec le signe de la croix. Ces cendres doivent être le ferment d’une vie nouvelle. Comme on a envie de les enlever pour ne pas en rester la, pour être propres, parce qu’elles nous gênent, qu’elles soient pour nous l’occasion d’un effort pour améliorer notre existence spirituellement.

Il faut quelquefois aller jusqu’au bout du désespoir pour oser être et devenir soi-même :

  • le père Gaben, prêtre de notre diocèse qui a été dans les camps de la mort, avait vécu des événements horribles, qui pourtant n’en avait pas fait une personne triste ou revancharde : au contraire, c’était un homme d’une immense bonté, qui était toujours gentil avec ceux qu’il rencontrait…
  • Un ami, dont l’accident de moto a transformé la vie : lia découvert que Dieu l’avait sauvé et a décidé de commencer à vivre ce qu’il voulait vraiment faire, en laissant de coté ce qui n’était pas important.

Dieu nous donne 40 jours pour l’accueillir en vérité, pour faire de nos décisions, de nos gestes, de nos actes des actes de Dieu, pour ressusciter avec Jésus.

Saint Paul : « Ne laissez pas sans effets la grâce reçue de Dieu ».

Dieu nous donne tout, mais il faut purifier notre vie, faire un régime spirituel pour devenir enfin des chrétiens en chemin de sainteté, capable de transformer vraiment ce monde, pour y apporter une pierre utile. Ce n’est pas la générosité de Dieu qui manque, c’est notre manière de la recevoir qui est à améliorer.

Dans le concret : Jésus nous offre le chemin principal : jeûne, prière et partage.

Nous devons prendre un peu de temps, chacun, pour décider ce que nous allons faire durant ce carême. Et le faire sans bruit : tout partage avec d’autres serait une manière recevoir déjà la gloire, et donc de perdre l’occasion de grandir en humanité et en sainteté. Ce que je fais, je le fais pour Dieu seulement, même si cela change ma vie avec les autres.

Pour ma part j’écris les efforts que je vais faire pendant le carême, pour les graver mais aussi pour pouvoir les relire.

Le Pape François nous propose de tenir fermes, et nous donne quelques pistes pour vivre cette année. La paroisse également.

40 jour d’effort humains (et pas surhumains, restons humbles) pour acquérir la sainteté, voilà le vrai régime du bonheur !

Prenons le temps maintenant, aujourd’hui, cette semaine, de prendre les décisions pour vivre ce carême comme une chance pour notre vie : Dieu nous comblera au-delà de nos espérances, comme toujours.

Textes du jour : http://levangileauquotidien.org/M/FR/

Père Daniel

RETOUR D’ARGENTINE

 Me revoici donc en France, que j’ai quittée le 5 janvier au matin. Ce fait est important pour les deux pays, car pendant cette période 2 événements qui ont eu lieu dans ces 2 pays ont marqué le monde.

Commençons par l’Argentine, avec la mort du Procureur Nisman qui était en charge d’un dossier délicat et disposait de centaines d’heures d’écoutes, notamment sur les membres du gouvernement. Alberto Nisman, qui suivait depuis des années l’affaire de l’attentat de l’Amia (association mutuelle israélo-argentine),a été retrouvé mort le matin même où il devait énoncer devant le congrès les conclusions de son enquête, dont il avait dit qu’elle s’orientait vers l’Iran et que des membres du gouvernement avaient couvert les coupables contre de juteux accords pétroliers. Cette affaire aurait pu se poursuivre par la mise en examen de hautes personnalités du gouvernement.

Le lendemain, la présidente Christine Kirchner publiait sur Facebook un long document défendant sa personne et faisant quelques sous-entendus sur le juge en question, évoquant le suicide.

Qui, dans le monde, pourrait croire à cette thèse ? Les argentins pro-k (Kirchner) y croyaient dur comme fer, jusqu’à ce que cette théorie vole en éclats. Les informations paraissaient amener toujours plus de flou, au lieu d’éclaircir le cas pour faire avancer la justice.

Là aussi, sans trop savoir les répercussions de cette affaire en France, la nécessité d’un regard extérieur aide à prendre de la distance et à se mettre du côté de la victime (pas un mot de compassion ou de condoléances de la part de la présidente envers la famille du défunt), puis à réfléchir pour trouver les causes du problème et  essayer de les changer : une justice soumise au pouvoir et des responsables politiques mafieux au point d’éliminer quelqu’un qui devient gênant pour eux, quels que soient les moyens nécessaires.

Autre événement : l’attentat en France. C’était intéressant d’être a l’étranger car j’ai a peine vu quelques images, mais comme à mon habitude, j’ai beaucoup partagé avec tous ceux que je croisais. Je retiendrai simplement la parole du curé de la villa, Pedro : « Quand il y a un acte violent, la priorité est toujours de se mettre du côté de la victime ». C’est ce que nombre de français ont fait en se rassemblant au nom de « je suis Charlie », et je le comprends. Il est probable que j’y aurai participé aussi. On ne peut accepter que des personnes soient assassinées et la meilleure réponse est de faire front pour dire ensemble non a la violence, au terrorisme.

Mais il y a aussi une 2′ étape, tout aussi importante : celle de chercher les causes de cette violence. Et là, les argentins étaient unanimes : la revue Charlie Hebdo était sciemment violente, scandaleuse, par ses propos. Cette satyre assumée peut paraître habituelle a ceux qui, comme moi, la perçoivent depuis des années dans leur entourage. Mais ailleurs, ce message ne passe pas : des argentins de tous bords m’ont dit être choqués par cette revue, cette façon de malsaine de rabaisser la croyance de l’islam en l’enlaidissant. Sommes-nous tellement habitués à ces horreurs ? Si des chrétiens se disaient choqués de ce qu’ils voyaient de l’islam, comment des musulmans ne pouvaient pas l’être ?

La liberté d’expression, vue de France, souveraine (en tout cas au-dessus des religions) paraît pouvoir se passer du respect de l’autre, de sa croyance, quand un esprit laïciste, extrême, la porte. Elle est surtout portée en étendard par un gouvernement qui hait les religions ou essaie de les utiliser comme instruments.

Cette liberté serait-elle aussi vantée si l’on utilisait les mêmes style de dessins pour commenter ces mêmes attentats, mais du côté des agresseurs ? Je crois que l’on serait scandalisé. Et avec justesse. Non, la liberté d’expression ne permet pas tout. Alors, dans cette 2′ étape, je ne suis pas Charlie. Cela me fait mal que l’on attaque de manière vulgaire ma religion, ma foi, ou celle d’autres.

Mon pays, la France, est un lieu de partage, de dialogue entre gens d’idées et d’opinions différentes. C’est une de ses forces. Cela force l’admiration de beaucoup dans le monde d’aujourd’hui.

Mon pays est un pays où vivent des gens de provenance diverses, de cultures, croyance et réglions très différentes. Je crois que notre force est cette heureuse entente, cette joie de vivre ensemble, d’être voisins, de se souder autour d’événements forts, d’avoir un seul drapeau, de refuser la peur qui fait de tout autre un ennemi, mais au contraire un frère, quelqu’un a découvrir.

La laïcité en France doit être ce lieu de partage entre tous, dans le respect, pour que chacun puisse découvrir les racines de l’autre, sa vie spirituelle et mystique, et s’en nourrir. Loin des extrêmes qui veulent éliminer de l’espace public, instrumentaliser les religions, ou nous apprendre d’abord à nous méfier du croyant ou de l’autre avant de faire confiance, je crois que mon pays est celui du partage, de la rencontre, de l’accueil, de l’hospitalité. Je crois que nous avons à avancer pour remettre ces valeurs au cœur du vivre ensemble, de notre société. Ce n’est pas l’économie qui rendra les français heureux, mais une manière unique de vivre la liberté, l’égalité, la fraternité. A nous de les porter haut, de les revendiquer, de les vivre.

Amen !

Daniel RIGAUD

Sortir du tombeau – promesse de Dieu

La résurrection de lazare : Jean 11,1-45.

_ZfDFgkA4p0JIi6aZDl01Nsy7i4Une famille avec 3 frères et sœurs. Des liens d’amitiés tissés au cours de l’existence. Jésus vient y mettre son grain de sel.

Jésus à aucun moment n’est triste pour son ami lazare, alors que celui-ci est à l’article de la mort. Comme pour l’aveugle-nė, Jésus voit en tout une occasion de révéler la gloire de Dieu. Comme le dit le Pape dans « la joie de l’évangile », il fait de tout obstacle un défi, et tout concourt pour lui au plus important, c’est à dire à ce que Dieu soit reconnu et aime parce qu’il EST.

La lumière n’est dans aucun homme, parce que c’est Dieu qui illumine le monde, et Jésus est venu poser sur le monde un regard nouveau, nous apprendre à scruter toute réalité pour y discerner la façon dont lui, Dieu, l’éclaire.

Jésus à un rapport à la mort qui est étonnant, car à aucun moment on ne le voit triste à cause de cela, ou étonnė, ou ayant peur : pour lui, la mort n’a pas la force qu’elle a pour nous.

Il se réjouit de la mort de Lazare, parce que cela l’occasion de faire connaître son père !

Avec Marthe et Marie, nous avons 2 réactions face à la mort : celle de Marthe, croyante, celle de Marie affective.

Pourtant, elle ont la même première réaction face à Jésus: « si tu avais été la, il ne serait pas mort. » Devant la cruauté de la mort, sa dureté, tout être humain se retrouve comme face à un mur : celle loi qui fait que nous devons mourir nous interroge, elle nous semble impossible à comprendre. Alors on demande à Dieu des comptes parce que cela ne devrait pas être ainsi.

Jésus face à ces 2 femmes Jésus trouve les attitudes juste.

Marthe : il l’invite à grandir dans la foi: « je suis la résurrection et la vie. » Crois-tu cela ?

Marie, elle, est enfermée dans son chagrin, c’est l’appel de Jésus transmis par sa sœur qui la met en mouvement. Sa souffrance et celle de ses amis émeut Jésus qui pleure. Il souffre de voir souffrir, il compatit. Dieu en Jésus rejoint nos souffrances humaines et pleure avec nous.

Pourtant, quand il arrive au tombeau, il n’est plus question de pleurs ni de douceur : il ordonne, sans faille, clairement, et redonne vie à ce qui l’avait perdue.

Pourquoi ce signe ? Pourquoi avoir fait cela pour son ami Lazare ? Et pas un autre ? En fait, il y a eu d’autres résurrections. Mais celle-là à lieu près de Jérusalem, et c’est elle qui va précipiter sa fin. Lazare va devenir un poids et on voudra l’éliminer aussi, lui le miracle vivant, lui la preuve évident du pouvoir de Jésus sur ce monde.

« Déliez-le, et laissez-le aller. » Jésus est venu pour nous libérer. Il n’est venu que pour cela. Il veut nous donner foi en lui, dans le père, pour qu’enfin nous devenions des croyants.

Dans la parabole du riche et de Lazare (Lazare, est-ce anodin ?), ils finissait en disant que même si quelqu’un revenait de chez les moet, les juifs ne croyaient pas: la, il émet en pratique la parabole et le suite vient naturellement : il vaudra mieux éliminer ce perturbateur plutôt que de se convertir à sa bonne nouvelle.

Et moi ?

Que fais-je de ce message de Jésus ? Jusqu’où se laisser rejoindre par cet amour de l’homme que Jésus montre en allant au bout de son message, de sa mission, en sachant d’avance ce que celui lui coûtera ?

Comment aurait-il pu faire autrement ?

En Jésus, Dieu nous a tout donné pour le connaître, le croire, l’aimer. Si nous continuons de le refuser, c’est que nous ne désirons pas être aimės de Dieu ou que son amour nous indiffère. Nous refusons de nous convertir, de nous tourner vers la seule source qui peut nous réchauffer, nous combler.

Fragiles humains ! Nous avons la vérité devant les yeux, elle ne se dérobe pas, mais nous troublons notre regard pour ne pas avoir la chance de la percevoir !

Un homme, Lazare, est revenu d’entre les morts alors qu’il n’était plus, et nous continuos à refuser de croire en Jésus ? Mais alors, en quoi pouvons-nous croire ? Dans le néant ?

Et toi ?

071aweb

Père Daniel RIGAUD

4′ dimanche de carême

« L’action de Dieu devait se manifester en lui »

Texte du jour : http://levangileauquotidien.org/M/FR/

110aweb4° dimanche de carême : Le temps de compter le chemin parcouru, de regarder ce que nous avions décidé en début de carême, les efforts, et de faire le point pour voir ou nous sommes rendus.

Comme toujours, c’est la Parole de Dieu qui nous guide, qui nous éclaire pour avancer. Sur le véritable chemin de la sainteté, le seul chemin valable pour tout baptisé, pour tout chretien.

 Beaucoup de force dans les divers textes d’aujourd’hui, et comme toujours la question la plus importante pour chacun est double :

- Qu’ai – je entendu ?

- Que faire avec cela, comment me convertir à partir de ce que Dieu me dit aujourd’hui ?

Ce que j’ai entendu moi, c’est, dans la première lecture, que Dieu ne regarde pas comme les hommes, qu’il ne juge pas à partir de critères extérieurs de beauté, mais que « le Seigneur regarde le cœur ». Il sait, lui, voir en chacun le meilleur de nous-même, pour le révéler et le faire germer, jusqu’à ce que cela apparaisse aux yeux de tous.

En cela, Dieu est bon. Puis-je m’inspirer de la bonté de Dieu pour regarder comme lui, voir le meilleur, même cachė au plus profond de ma famille, de mes amis, de mes collègues ?

Dieu voit le dernier fils, celui qu’on cache, qui travaille loin, alors qu’on met devant ceux qui sont les plus beaux, les plus présentables. On ne trompe pas Dieu.

 Jésus lui aussi regarde autrement. Chez l’aveugle de naissance, il décèle non pas celui qui est porteur d’un mal injuste, mais celui qui peut faire paraître la gloire de Dieu, et Jésus fait les gestes et les paroles nécessaires pour mettre cette gloire à jour, pour ouvrir les yeux, pour ouvrir le cœur de cet homme, et de tant d’autres !

 Le chemin de cet aveugle est celui de la foi : après avoir reçu un don immense, petit à petit, il arrive à dire le nom de celui qui a transformé sa vie, puis il approfondit le sens de ce qui lui est arrivé en reconnaissant que cela de Dieu ; il devient témoin du salut enfin arrivé pour les hommes de bonne volonté ; enfin il souffre la persécution et s’engage à la suite de Jésus comme disciple.

 Si cet aveugle est libéré du poids qui pesait sur lui, cette libération s’accompagne de l’entêtement des scribes et pharisiens, qui deviennent aveugles à leur tour, refusant de voir Dieu à l’œuvre et faisant peser le poids du péché sur celui qui en a été libéré.

 Le mal nous coupe de toute grâce divine et nous empêche de voir où se situe le véritable bien.

Voilà qui nécessite notre conversion, sinon ce mal nous corrompra et coupera de la grâce de Dieu, nous ne pourrons plus rien de bon. Nous serons dans les ténèbres, sans aucune lumière pour nous secourir.

 Le carême est ce temps pour nous tourner à nouveau vers la lumière, pour accueillir le pardon de Dieu, pour renouer avec la grâce reçue au baptême et vivre en enfant de lumière.

 Dieu fait de nous des personnes responsables, debout, conscientes de ce que nous sommes et de nos engagements. Le mal cherche à détruire toute forme de bonté et à nous couper de l’amour de Dieu. Nous sommes engagés entièrement dans ce combat, et notre liberté doit grandir pour que nous choisissions ce qui correspond à notre nature, à ce que nous voulons être, à ce que nous sommes. En faisant cela, nous redécouvrons notre nature humaine et l’assumons pleinement, faisant de notre vie un don pour tous, un témoignage, un « oui » à Dieu comme celui de Marie.

Le pape FRANCOIS nous invite à faire de toute difficulté un défi : prenons ce chemin avec courage à la suite du Christ !

 Daniel RIGAUD