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Père Robert Kinda

Le père Robert KindaP6050008Je suis né le 29 avril 1968 en côte d’ivoire de parents musulmans.

Mon père était homme de salle dans un hôpital : il donnait à manger aux personnes malades. Ma maman est mère au foyer. Je suis le 2° de 5 enfants, (3 garçons et 2 filles), ainsi qu’une cousine qui a été éduquée avec nous comme une soeur.

 Je suis issu d’une famille pauvre. Je vivais dans le 3° plus grand quartier populaire d’Abidjan.

Je suis allé à l’école primaire, puis au collège, mais je n’y allais pas toujours car mes parents ne pouvaient pas toujours payer. J’ai ensuite fait une CAP en électrotechnique.

J’étais musulman pratiquant. Mais j’ai rencontré le Christ. Et en même temps j’ai reçu l’appel au sacerdoce. Avant d’être baptisé, je voulais déjà rentrer au séminaire.

Chez moi, l’éducation des enfants est l’affaire de tous (de la communauté, pas que de la famille). En ballade avec des amis, je suis passé devant une église, et j’ai entendu des chants. Je les ai écouté : c’était beau ! Tous les dimanches, c’était pareil !

1 jour, je suis entré. J’étais bien, je n’avais pas envie de ressortir. Quand je suis sorti par un autre coté, j’ai vu une paroisse : une cour avec des jeunes, du catéchisme, un dispensaire. C’était un autre monde ! Tout de suite, une certitude : je veux être comme ça !

Vis-à-vis de mon entourage, il ne s’est rien passé, c’est comme si tout avait été préparé ! Par la suite, ils se sont tous convertis (mon frère aussi est prêtre !)

Quand j’ai senti ma conversion, j’ai été accompagné par un prêtre franciscain. Lors d’un déménagement, j’ai vu une Bible, demandé si je pouvais la prendre, et découvert le livre des Psaumes. Un travail intérieur se faisait – j’étais dépassé de joie, de bonheur !

Un jour, devant l’autel, je me suis mis à genoux, disant : «Merci, Seigneur». Me venait à l’esprit de psaume 127 : «Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ?». Un silence s’est fait, je me suis tu et j’ai entendu au-dedans de moi : «comment peux-tu élever la coupe du salut en restant de l’autre coté de l’autel ?». J’ai souri : «je serai prêtre !»

Mes parents n’avaient pas les moyens de payer le séminaire. J’ai fait des études pour avoir un CAP d’électrotechnique. Des amis sont venus me voir d’Italie, au moment où je passais un examen. Ils sont allés voir mes parents qui leur ont dit que j’étais à 45 km de là. Ils sont venus me voir, et m’ont dit qu’ils m’aideraient pour payer le séminaire. Je venais de décider de ne pas y aller, alors je suis allé voir le prêtre pour lui raconter cela : «Tu veux que Dieu lui-même descende du ciel pour te dire : Va au séminaire ! Quel signe de plus attends-tu ? »

J’ai donc été au séminaire d’ainés en côte d’ivoire (j’avais une vocation tardive) pendant 4 ans.

Il y avait un examen d’entrée, et je suis arrivé 3° du pays en philosophie, moi qui n’allait pas à l’école !. Je suis ensuite allé au séminaire saint Marc à Bimbo en Centrafrique. Au départ, j’avais pensé rentrer chez les franciscains, puis on m’a proposé d’entrer dans la branche séculière de la communauté des Béatitudes, ce que j’ai fait. J’ai fait 2 années, puis 1 an de stage au Congo, un an en cote d’ivoire au séminaire, et enfin 3 ans à Toulouse pour terminer la formation.

Le 22 octobre 2006, j’étais ordonné diacre à Lavaur, puis le 4 aout 2007 prêtre à Lisieux !

J’ai ensuite quitté la fraternité de la sainte famille le 15 aout 2008 (ou 9).Cela fait 7 ans que je suis prêtre à Lavaur. J’accompagne les jeunes de l’EPM, en paroisse, les plus pauvres;

Mon avenir ? Je suis bien dans le ministère. Je fais des choses pour les jeunes abimés, à l’aubépine.

Krokus

pochette album krokus dirty dynamite

Les gens qui me rencontrent pour la première fois, lorsque que nous évoquons la musique, sont souvent étonnés par mes goûts : je dis simplement que j’aime le métal, genre bien particulier de musique «rock» s’il en est.

Pourtant, ce n’est pas nouveau dans ma vie : c’est à l’adolescence que j’ai découvert cette musique, grâce à mon meilleur ami, et jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais renié ce genre.

Bien sur, cette musique sent parfois le souffre : groupes au look bizarre, efféminé, cuir ou martial : ce que j’aime avant tout dans cette musique, c’est l’énergie qu’elle véhicule, qui correspond à mon caractère…

Il y a aussi des groupes fascistes ou sataniques, certains qui mettent des paroles vraiment horribles ou essaient d’entraîner leurs fans sur des chemins malsains. J’en suis très conscient, je choisis mes groupes et j’écoute les paroles autant que la musique !

Cela m’a permis de trouver un groupe de hard rock chrétien, des «merci à Dieu» dans certains albums, la volonté de mettre en avant la vie spirituelle… Tout n’est pas noir, et au travers de ce genre musical, je continue de chercher la musique qui m’émeut, me plait, me fait vibrer. Je n’y suis pas pour autant cantonné, aimant tout autant le classique (ah, les dimanches matins de ma jeunesse, où Bach, Vivaldi me réveillaient après une sortie en boite et une rentrée tardive…), la variété française, et bien sur la musique chrétienne (faut-il préciser catholique ?) qui n’a pas a rougir de la comparaison !

J’aimerais bien réconcilier les genres, les mélanger, mais cela n’est pas toujours possible, aussi voici Krokus, un groupe suisse que j’aime depuis des années, et dont le dernier album m’a tant plu. Les premières paroles sont «alléluia», ce qui fait que j’ai arrêté de l’écouter au moment où je l’ai acheté(pendant le carême), pour en profiter à Pâques !

Un groupe de rock simple, fort et sympa, classique et dont la voix du chanteur me parait coller parfaitement au style : en un mot, un incontournable !!!

Mes titres préférés du dernier album (Dirty Dynamite) :

Hallelujah rock’n’roll, Dirty dynamite, help (reprise géniale des Beatles !), Better than sex, Dog song, Yellow Mary (superbe !), Hardrocking Man

Ecoute-le, tu seras conquis !

Soeur Léonie

Soeur Léonie

2013-06-11 12.13.27 Pot d'aurevoir pour Sr Léonie des permanents de la paroisse  (14)

Je suis née en Cote d’Ivoire, dans le village de Monga (qui veut dire éternel)

Mes parents sont chrétiens. Mon père a été chef des chrétiens pendant 36 ans : c’est celui qui dans le village représente les chrétiens, accueille le prêtre quand il vient, etc.

Nous sommes 9 enfants, 3 filles et 6 garçons, et je suis la 4°, (la 2° fille).

Mon père était planteur, ma mère ménagère (elle est décédée il y a peu)

J’ai été à l’école à Abidjan, à 60 km de chez moi. Ma mère et ses soeurs se relayaient pour nous faire la cuisine, sauf au moment des semences ou c’était ma grand-mère qui venait.

Après le CM2, mon oncle m’a envoyée en internat chez des soeurs, c’est là que j’ai découvert ma vocation. Il y avait un concours d’entrée en 6°. Avec ma cousine, nous avons fait le même chemin, même l’entrée dans la vie religieuse !

En 5°, je suis venue en France car ma soeur ainée qui vivait à Grenoble venait d’avoir un enfant et il fallait s’en occuper. Je l’ai fait pendant 2 ans. J’ai poursuivi mes études jusqu’en 3°. La formation en comptabilité m’a permis de découvrir que ce n’est pas ce que j’aimais faire. J’ai étudié également le secrétariat, mais cela ne me plaisait pas non plus. Je voulais être proche des nécessiteux.

J’ai donc suivi une formation d’aide-soignante. Je suis ensuite rentrée au pays, au couvent.

J’y ai fait ma première profession en 1988. Après 1 an en communauté, j’ai été renvoyée en France.

A Paris, j’ai suivi une formation en psychomotricité.

En 1996, je suis rentrée et ai fait mes voeux perpétuels. Je vivais à la maison générale d’Abidjan. J’ai été 3 ans responsable de la communauté, puis on m’a renvoyée en France. Quand je suis rentrée au couvent, j’étais très liée avec un de mes frères et ma cousine. Lui a été ordonné prêtre et a été recteur du grand séminaire. Depuis 1 an, il est curé de paroisse.

De mon coté, après 1é ans de travail à tâtons, j’ai pris une année sabbatique. J’ai suivi une formation de recyclage au centre Sèvres – des jésuites – à Paris.

A Abidjan, nous avons créé un centre pour personne handicapées. J’y ai travaillé 3 ans comme psycho-motricienne.

C’était un hôpital de jour et 2 écoles, dont l’une s’appelait «la page blanche».

Il y en avait un dans un autre quartier de la ville. On y fait des jeux d’éveil pour les petits. Le 27 octobre 1999, le 2° centre est né avec 7 enfants(venus de la page blanche). On était 4 à s’en occuper. Nous avons fait une journée portes ouvertes en juin 2006 pour montrer au parents et au gouvernement notre travail auprès des adolescents. Beaucoup de gens sont venus.

On a continué à se battre, on a créé une association, fait des matches, l’arbre de Noël… Avant la guerre (2000-2002), il y avait 65 enfants avec handicap dans le centre !

Après guerre, nous étions toute une équipe pour les accompagner : une éducatrice, une éducatrice technique, une assistante sociale, une psycho pédagogue, moi… Il n’y a pas d’internat (on craignait que si on faisait un centre de vie les parents ne nous abandonnent les enfants).

On fait des sorties avec les jeunes : à l’aéroport, au zoo, au magasin, dans des familles…

On a corrigé certains regards sur ces enfants : on a fait des groupes de parole de parents…

D’un point de vue spirituel, on a le catéchisme, avec le curé qui est l’aumônier de l’établissement. En 2 ans, on les prépare au baptême, puis à la ^première communion (li faut simplement qu’ils sachent faire le signe de croix, et éventuellement qu’ils sachent dire le Notre Père).

Ma maman est décédée il y a peu, alors je retourne là-bas pour l’accompagner et être avec ma famille.

Rentrer au pays

Comment rentrer chez soi, après une expérience tellement enrichissante ? S’il est vrai que les voyages forment la jeunesse (et déforment les valises), je crois qu’il faut du temps pour accueillir en profondeur ce que j’ai a véritablement reçu : quelques pistes se font jour…

Hospitalité : les argentins sont chaleureux, accueillants, et arrêtent toute activité quand quelqu’un vient les visiter : cela m’a transformé dans ma manière d’être et de vivre : je crois que si nous n’avons qu’une vie, c’est justement pour la rencontre ! Il m’aura fallu du temps pour intégrer cela, mais c’est sans retour possible : Même le Père Thomas, co-fondateur de l’Arche, se levait immédiatement, malgré son grand âge, pour accueillir tout visiteur (il donnait même une clé de la porte de derrière aux gens bizarres comme Tim Guénard qui venaient le voir à tout heure du jour et de la nuit…). L’accueil, la gentillesse à l’heure de la première rencontre, de l’imprévu, est une richesse inégalable.

Sagesse : J’ai trouvé en Argentine une richesse chrétienne : celle de l’accompagnement spirituel. Par les prêtres, religieux et laïcs rencontrés, je crois que j’ai grandi de ce coté-là, si bien que pour la confession par exemple, je me sens plus «pointu», plus fin dans mon discernement, mais pas par don inné : je l’ai reçu de ce voyage : comme quoi la simplicité de la foi cohabite bien avec la profondeur du jugement ! Le silence, l’attention, l’amour véritable de l’autre permettent de trouver la bonne distance et de l’aider comme il en a besoin, non pas comme on le voudrait : cela nécessite une grande foi, car seul l’esprit Saint peut nous guider dans ce domaine !

L’Eglise : je suis parti avec une idée floue : changer l’église, car il me semblait qu’elle avait besoin d’une révolution : ces 3 ans m’ont aidé à préciser cette nécessité de changement, et à y voir plus clair… J’ai commencé à le mettre par écrit, je te le partagerai en temps utile…
Les lettres : Ces 21 lettres partagées avec les amis, paroissiens, et autres français m’ont aidé à communiquer ce que je vis : même si je ne sais toujours pas ce qui est vraiment intéressant, c’est une bon travail pour découvrir ce qui, dans sa propre expérience, est utile aux autres, ce que l’on j’ai envie de partager, de raconter… Je crois aussi , pour l’avoir reçu d’autres témoins, que chaque expérience humaine de croissance (même dans la douleur…) peut aider d’autres gens à grandir eux- mêmes… Il est vrai aussi qu’ouvrir des horizons change les perspectives (la crise, la corruption ou la démocratie ont un tout autre sens après mon passage en Argentine…)

Llegada

Querido(s) amigo(s) argentino(s),

Tengo que reconocer que te estoy extrañando !

Yo sabia que iba a pasar (me pasó hace uno anos de extrañar al los franceses en argentina…), pero ahora es el momento…

En algunos días te voy a contar un poco mas del recibimiento en Lavaur, mi parroquia, en mi diócesis, mi familia…

Pero ahora me faltan los abrazos, el cariño, la sencillez, los vecinos, el Arca (obvio !), la parroquia Santa Maria del Camino con sus curas y sus feligreses, los encuentros con los curas del decanato, y tantas otras cosas !

Recibir un Papa argentino fue y es para mi una alegría inmensa, y creo que es una manera más de reconocer que fue el Espíritu Santo que me guió hacia Boulogne sur Mer !

Que alegría ! Me parece «normal» que me cuesta un poco acostumbrarme de nuevo a mi diócesis, a mi país, a «mi» gente… Solo la comida me recibió perfectamente (tengo que cuidarme, porque engordé bastante…) !!!

Me gustaría hablar con cada uno, seguir todas las noticias, pero nuestras historias son diferentes, y la amistad a distancia es difícil.

Entonces, voy a armar este sitio para seguir contando, y proponer algunos días para hablar por Skype…

Que sigamos juntos, porque soy orgulloso de mis 3 años en argentina : siento que fue como crecer en humanidad para lo mejor… Que Dios te bendiga, y prepárate parar Pascua !!!!!

Padre Daniel

Ultimos días de Diciembre – Enero

El mes de enero fue el mes de la llegada : tomé tiempo para reencontrar a mi familia, a mis amigos…
El 29 de diciembre, fui a celebrar la misa por mi papa, que murió hace 2 años, en la parroquia san José (la de mi adolescencia). Fui también con mi mama a rezar por el en el cementerio.
El 31 lo pasé con mis amigos : una noche loca : jugamos al ping-pong, bailamos, festejamos después de tanto tiempo ! (hace años que no festejo el año nuevo con mis amigos, porque iba con el Arca de Trosly-Breuil de vacaciones…). Que lindo verse de nuevo, charlar, comer bien y tomar un vinito francés ! Parece que el tiempo no pasa (salvo por alguna cana o arruga). La alegría sigue…

Después, fui al Arca de Trosly : días maravillosos donde pude celebrar misa con el Padre Gilbert y también contar todo sobre los argentinos al hogar «le Val Fleuri», el de Jean Vanier, donde pasé 1 año hace un laaaaaaargo tiempo ! Me recibieron muy bien, y fue posible hablar también con Jean…

Que hombre ! Soy feliz !
Hacia mucho tiempo también que no había visto a toda mi familia de Bélgica : es la mas grande parte de mi familia, así que fui a verlos una semana. Mi madrina me coloco en su casa : había muchísima nieve ! Mi hermana me había prestado su auto, y tenia miedo ! (porque ????) Igual, es verdad que un día tuve miedo porque había tanto hielo que casi choqué con la iglesia… Y con otros autos ! Fuimos a pasear en el bosque, y también les conté mi experiencia : fue fuerte para mi contar todo esto ! Pero soy muy agradecido de haber vivido este tiempo con ustedes, así que quiero contarlo al mundo entero !

Volví a Paris done encontré a la familia Vernier, a mi hermana, y a algunos amigos (no me gusta Paris, pero mucha gente vive allá…)